Vés al contingut

Chapitre VIII - Catalogne romane

En dehors des tours, châteaux et forteresses diverses, dans nos campagnes fleurissent aussi monastères, ermitages, prieurés ou chapelles, beaux morceaux d'architecture préromane et romane.

On aime leur élégante modestie. Leur réputée austérité serait plutôt de la sobriété, une humilité dont ils pourraient s'enorgueillir. D'autant que, si ces édifices présentent aujourd'hui des parois nues, à l'époque romane, des fresques murales pouvaient les illuminer de leurs couleurs vives, comme celles, superbes, de la chapelle Saint-Martin de Fenollar à Maureillas ou le peu qui a pu être préservé de celles du Priorat Santa Maria del Vilar à Villelongue-Dels-Monts. Peut-être aussi des sculptures pareillement peintes avec encore quelques chapiteaux et bas-reliefs sculptés comme on peut en voir de remarquables dans les abbayes de Saint-Michel de Cuxa à Codalet ou de Saint-Martin du Canigou à Casteil, au Prieuré de Serrabona à Boule d'Amont ou au monastère de Sant Pere de Roda à Port de la Selva... Sans compter tout leur mobilier liturgique. C'est sûr qu'alors, elles paraissaient moins austères...

Outre ces sites imposants, ce seront, le plus souvent, de petites chapelles, parfois ruinées, discrètement nichées dans des environnements à la beauté sauvage, et d'accès pas toujours évident. C'est surtout de dos qu'on aime les voir, avec leurs absides "en cul de four", parfois surmontées d'arcatures lombardes (séries de petits arcs juxtaposés, éventuellement entrecoupés d'étroits pilastres ou lésènes, et la corniche soulignée d'une frise de dents d'engrenage... Les chapelles de Saint Laurent du Mont, à Argelès-sur-Mer, Saint Martin à Corsavy, Sainte Eulalie à Arboussols, Saint Saturnin à Boule d'Amont, Nostra Senyora de les Grades, à Marcevol... en sont quelques beaux exemples.

On appréciera aussi ces belles ferrures qui couvrent de leurs spirales les vantaux de certaines portes, bien caractéristiques de l'art du fer en Roussillon ... (Prieuré de Marcevol, églises Saint Saturnin à Boule d'Amont, Saint Fructueux à Camélas, Saint Saturnin à Montesquieu des Albères, Chapelle de la Trinité à Prunet et Bellpuig...)

Et on aime tout particulièrement certaines de ces constructions dont l'architecture serait d'inspiration mozarabe, ou plutôt, selon les spécialistes, "préromane de tradition wisigothique".

Les Wisigoths seront restés en Roussillon deux siècles et demi (de 462 à 720). Assez de temps pour laisser quelques traces solides, d'autant que la tradition architecturale wisigothique ne s'est pas éteinte avec l'invasion arabe du VIIIème siècle, mais a perduré tout au long des IXème et Xème siècles.

Cela donnera des édifices massifs, trapus avec des murs épais et de petites ouvertures, avec l'arc outrepassé ("en fer-à-cheval", "en trou de serrure") comme élément le plus caractéristique et participant grandement à leur beauté (chapelles Saint Martin de Fenollar à Maureillas, Saint Michel et Sainte Félicité à Sournia), comme aussi, cet autre élément caractéristique, l'appareillage en opus spicatum (en épi, ou en arête de poisson) dont on peut çà et là voir quelques restes.

Architecture religieuse Xème-XIIème siècles