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- Chapitre IX — Pierres couchées, pierres levées et autres mégalithes
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Mes monuments préférés en Corse
Sur un terrain privé de 5000 m², alignement de menhirs de l'âge du bronze (entre 1 900 et 1 000 AEC), plusieurs centaines de mégalithes (certains debouts, d'autres couchés), l'alignement le plus important de tout le pourtour méditerannéen. L'archéologue René Grosjean répertorie 7 alignements de 258 mégalithes de différentes catégories, dont trois statues-menhirs. Les alignements sont organisés en sept groupes, six orientés nord-sud et un autre est-ouest. Tous les menhirs sont sculptés en forme de silhouette humaine (bien qu'aucun n'ait la tête dégagée), la plupart étant sommairement ébauchés. Trois statues-stèles comportent des gravures d'attributs guerriers (épée, poignard) :
Pagliaghju I (2,47 m x 0,64 m x 0,23 m) avec poignard et épée.
Pagliaghju II (2,05 m x 0,64 m x 0,31 m) avec poignard et épée, baudrier scapulaire depuis le dos jusqu'à la garde de l'épée.
Pagliaghju III (2,25 m x 0,67 m x 0,31 m) avec longue épée, en partie effacée, avec pommeau en arc de cercle et poignard très effacé.
Le site regroupe 178 monolithes dont l'aspect désordonné actuellement visible correspond à plusieurs phases de construction et de destruction.
Un premier monument, comprenant au moins soixante-quatre monolithes (menhirs et menhirs-stèles) a été édifié sur place durant la deuxième moitié du Ve millénaire AEC. Il comprend un minimum de quarante-neuf individus, à face large, d'une hauteur allant de 0,48 à 1,22 m. Tous ces blocs sont en granite local et sont généralement demeurés à l'état brut, dressés tels quels dans des fosses d'implantation étroites sans calage. Plusieurs menhirs sont tombés au sol, certains se sont cassés.
Un second monument, possiblement édifié à la fin du Néolithique ou au début de l'âge du Bronze, comprend un minimum de cinquante grands menhirs et menhirs-stèles dont la hauteur va de 1,43 à 3,20 m. Le plus grand pèse 4 t. La construction de ce nouveau monument a occasionné la destruction partielle du premier par la réutilisation de petits menhirs comme blocs de calage pour les grands menhirs. Ces grands menhirs sont issus de l'environnement local et ont été extrait dans un rayon maximum de 300 m. Ils ont été dressés sur quatre files orientées nord/sud, la plus longue mesurant 30 m de long, les trois autres environ 15 m. Cet agencement, bien distinct de celui du premier monument, est comparable à celui des alignements d'I Stantari, de Pallaghju et d'Apazzu.
Les formes des menhirs sont relativement homogènes avec soit une face plane et l'autre bombée, soit les deux faces planes. Les faces planes des menhirs sont tournées vers l'est. Les blocs naturels n'ont subi qu'une mise en forme réduite hormis dans cinq cas où elle a été plus soigneuse : trois menhirs ont été intégralement martelés, les deux autres partiellement. Ils correspondent au style des menhirs proto-anthropomorphes défini antérieurement par Roger Grosjean. A l'extrémité nord de la file la plus occidentale, une statue-menhir, dite « Rinaiu I », représente un personnage portant une grande épée sur la face ventrale, cette sculpture en champlevé n'est désormais plus visible qu'en lumière rasante en raison de l'altération du granite.
Le site comporte cinquante-cinq monolithes dont vingt-trois pierres dressées ("deux statues-menhirs" et "vingt-et-un menhirs stèles") disposées en trois files rectilignes : deux files orientées nord-sud au nord-est du site et une file orientée nord-est/sud-ouest dont toutes les pierres sont actuellement couchées au sol dans le secteur sud-ouest du site. Fin du Néolithique/début de l'âge du Bronze : une première file de monolithes est dressées, orientée nord-est/sud-ouest. Les pierres sont soignées mais ne comportent aucune figuration ou attribut. Fin de l'âge du Bronze : Deux alignements orientés nord-sud sont mis en place. L'alignement le plus occidental ne comporte que des menhirs-stèles et des statues-menhirs. C'est l'apogée du site. Durant la conquête romaine, le site connait une phase de destruction, destructions d'origines anthropique et naturelles ; il est ensuite abandonné, des pierres sont prélevées pour être réutilisées dans des aménagements agricoles voisins.
Le dolmen a été construit sur une petite hauteur. Il est composé de sept montants correspondant à trois orthostates latéraux qui se sont fissurés avec le temps et d'une table de couverture. La chambre est de forme trapézoïdale. Elle mesure 2,60 m de long pour une largeur de 1,80 m au fond et 1,35 m à l'entrée. La hauteur sous dalle est au maximum de 1,70 m. La dalle de couverture mesure 3,5 m x 3 m x 0,25 m et pèse 6,5 t. Toutes les dalles sont en granite Aucune trace d'un tumulus et aucun vestige de couloir n'ont été découverts.
Le site comprend 25 menhirs, dont deux sont des statues-menhirs sculptées, ainsi qu'un tertre. Il est situé près d'une source, comme les sites voisins du Sartenais (Palahgju, I Stantari, Rinaghju) également associés à des sources ou des milieux humides.
Apazzu I : 3 m. Épée verticale en bas-relief et baudrier scapulaire. Rien d'apparent au dos. Retrouvée couchée sur le ventre, elle a été redressée en 1968 dans son calage primitif.
Apazzu II : 2,86 m. Grand poignard vertical en bas-relief et baudrier gravé passant derrière le cou. Tête penchée sur l'épaule droite. Rien d'apparent au dos. Retrouvée brisée à son pied, redressée en 1968 sur son pied encore planté.
Les fragments des statues-menhirs et les statues-menhirs dégagées lors des fouilles sont exposés à l'extérieur du monument. Appuyées contre le monument de gauche à droite : Statues-menhirs Filitosa VIII, XI, VII, IX, X et XIII. Derrière, Statue-menhir Filitosa VI.
La statue-menhir a été découverte en 1962 par Roger Grosjean brisée en deux parties. Elle faisait partie d'un petit alignement situé au col de Sant'Albertu proche de la source du ruisseau du même nom. Elle mesure 2,40 m de hauteur pour 0,45 m de largeur et 0,26 m d'épaisse Elle est très érodée et ses sculptures sont pratiquement toutes effacées hormis la bouche et les yeux. Côté face, elle pourrait être ornée d'un poignard disposé en biais. Au dos, la colonne vertébrale est représentée à 0,48 m sous les omoplates. Elle a été restaurée et redressée à l'entrée du village de Pila-Canale avec un menhir de 1,48 m de hauteur lui aussi très érodé.