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Chapitre IV — Prendre un peu de hauteur sur les massifs pyrénéens

Le Canigou

Parmi nos sommets, notre ''montagne sacrée'' (ou notre Fujiyama, comme l'avait appelé, un ancien président du Conseil Général des PO...), le Canigou, lié au mythe de Pyrène, devenu emblématique de l'unité des deux Catalognes par la grâce de Jacint Verdaguer et son livre-poème Canigó (1886). Il n'est pas le plus haut (2785 m contre 2921 m pour le Carlit), mais il faut quand même compter 1 100 m de dénivelé positif en partant du refuge de Mariailles, beaucoup moins si on part de celui des Cortalets : 635 m. En tout cas, il est visible de partout. Il a d'ailleurs toujours été un amer pour nos marins et pêcheurs et une boussole pour tous les habitants. Et de son sommet, pour peu que les conditions météo soient favorables, on jouit d'une vue à couper le souffle (enfin, ce qu'il en reste après l'ascension de la ''cheminée''...) sur la chaîne des Pyrénées, les plaines alentours et la Méditerranée.

Les lacs du Carlit

Si l'on ne se sent pas le courage de gravir les pentes du Carlit jusqu'à son sommet, on peut s'en approcher avec une agréable balade de lac en lac dans le massif du Capcir depuis le barrage des Bouillouses (2017m) en direction du Carlit, vers l'ouest. Neuf lacs d'altitude, neuf petits bijoux chacun avec ses nuances de couleurs et de lumière, dans des écrins verdoyants de toute beauté, et des vues imprenables sur les plus hauts sommets du département.

Le Pic de Tres Estelles

Au sommet du pic (1 300 m de montée depuis Escaro jusqu'au pic à 2 099 m), c'est une vue à 360° avec de larges panoramas sur toute la chaîne du Canigou (à l'est), le Roc Negre, les Esquerdes de Rotja, le Pic de la Dona..., le Carlit (à l'ouest), et jusqu'aux crêtes de la frontière espagnole et la Méditerranée (au Sud), si le temps est bien clair...

Le Col de l'Ullat, le pic Neulos

Depuis le Coll de l'Ullat (938m), le Puig Neulós (1256m, point culminant du massif des Albères) n'est qu'à 2,5 km. Au sommet, les antennes-relais d'émetteurs de télévision et la tour de pierre du berger Manel semblent se hisser pour mieux contempler un magnifique panorama sur la plaine du Roussillon, la Côte Vermeille, le massif pyrénéen et la plaine de l'Ampourdan. Et on aura pu constater l'incongruité d'une frontière qui ne demande qu'à être franchie.

Le pic Sailfort, les Couloumates, la Massane

A 981 m d'altitude le Pic Sailfort est le dernier sommet avant que les Pyrénées ne plongent dans la Méditerranée toute proche. En haut, ces houx sculptés par les vaches, un "arbre-chien", le surprenant et attendrissant refuge Tomy niché dans les plis du rocher... et des vues incroyables sur la côte, la baie de Rosas et le Cap Creus, Banyuls-sur-Mer, Collioure, Argelès, Saint-Cyprien, avant de redescendre par la splendide forêt des Couloumates et l'étonnant Chemin de l'Eau (*), qui démarre là, sous le Sailfort, à la source d'en Cassanyes.

(*) Le creusement du nouveau port en eaux profondes (1845-1860), avait fait beaucoup baisser le niveau de la nappe phréatique, alors que la navigation à vapeur exigeait beaucoup d’eau, tout comme la ligne de Chemins de Fer, à vapeur également (ouverte en 1867), et que Port-Vendres, en plein développement, voyait sa population augmenter sensiblement. L'approvisionnement en eau, devint un gros problème. Pour le résoudre, la municipalité décida, en 1884, de procéder au captage de l’eau de la source d’en Cassagnes, et de la faire arriver jusqu'à la ville. Les travaux débutent en avril 1890 et dureront 2 ans, à la pelle et à la pioche : dérochements, creusements du sol et du tunnel (200 m de long), murs de soutènement, corniches…  Ce seront au final 4 sources (Fonts d'en Cassagnes, d'en Vergès, d'en Bernède, del Soldat) qui alimenteront cette canalisation débouchant au réservoir creusé à la sortie de Port-Vendres, sur la route de Banyuls. Pour une longueur de 8 820 mètres et un dénivelé de 633 mètres, avec 59 regards carrés maçonnés (aujourd'hui des plaques en fonte).

 Le Col de Banyuls, le Coll del Torn

Au départ du Col du Berger Mort, à la borne-frontière 591, le sentier suit la crête ; la borne 592 n'est qu'à 2 minutes, on continue vers le Puig de la Calma et le Coll del Torn, avec de belles vues sur Banyuls-sur-Mer et l'Espagne, et la très discrète borne-frontière 593... 

* En option, un petit aller-retour depuis la borne 591, au col du Berger Mort, jusqu'au Pla de les Eres et la borne 590... Cela aura fait une agréable petite balade de 4 bornes seulement... 

Le Pech de Bugarach

"L'ascension d'un mythe"... Le Pech de Bugarach, point culminant des Corbières à 1230 m (750 m de dénivelé depuis le village de Bugarach...), devrait son nom aux lutins Bug et Arach, esprits bienfaisants, qui avec la fée Nore s'étaient opposé à Cers, fils d'Eole, qui ravageait les récoltes. D'autres légendes sont nées, d'autres élucubrations, les plus farfelues. C'est là que ce trouverait le monde souterrain mythique de l'Agartha, le sanctuaire de l'Arche d'Alliance... Certains ont prétendu, en décembre 2012, que c'était le seul lieu, par ses caractéristiques telluriques particulières, où l'on pourrait échapper à la fin du monde programmée... De quoi émoustiller les médias : 84 médias différents, 300 journalistes accrédités, venus de 18 pays se bousculèrent sur place, créant quelques embouteillages dans le village... A tel point que le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d'Osséja et 45 pompiers du Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (GRIMP) avaient été mobilisés pour "accompagner" le rassemblement... En tout cas, de là-haut, on a une superbe vue sur le pic du Canigou, les Pyrénées, la Montagne Noire et la Haute vallée de l'Aude... et par temps clair, paraît-il, jusqu'à la mer... Avec un peu de chance, on peut aussi apercevoir quelques majestueux vautours...