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Chapitre X — Pierres gravées en Catalogne

Les roches gravées sont beaucoup moins spectaculaires que les dolmens, menhirs, cromlechs ou autres monuments mégalithiques, mais leur intérêt n'en est pas moindre.

Si on ne bénéficie pas d'une bonne lumière rasante, il est difficile de distinguer sur le rocher gravé de Fornols des bouquetins et isards tracés avec des pointes fines en silex, la roche à peine éraflée (technique dite linéaire). C'est d'ailleurs par la technique utilisée, décelable à l'observation, que les spécialistes en déduisent une première datation au moins approximative : une gravure en V, produite par un outil en fer, est à coup sûr d'époque historique, alors qu'une gravure en U, produite par un silex taillé, a de bonnes chances de dater du Néolithique.

Et parfois peuvent se télescoper sur une même pierre plusieurs périodes éloignées l'une de l'autre. C'est le cas par exemple du spectaculaire Roc de l'Amoriador, à Glorianes, qui présente une multitude de figures différentes : 54 signes cruciformes, quelques cupules, des cercles, des spirales, une marelle, une tresse, des signes en phi.., ainsi que des représentations d'animaux, des figures anthropomorphiques, et même un drôle de personnage armé d'une espèce de baïonnette (un Grenadier de l'Empire ou un fantassin du XVIIIème siècle selon Jean Abelanet). Les premières gravures dateraient du néolithique, d'autres seraient d'époque historique, les dernières auraient été ajoutées au XIXème siècle, vraisemblablement par des bergers.

Parmi les plus remarquables chez nous, citons encore le Roc de les Creus et la roche gravée de Catllaurens, à Conat, le Roc de Nou Creus, à Céret, ou les Inscultures de Planells, à Vilajuiga. Beaucoup de dolmens ont aussi leur dalle de couverture ornée de cupules et de signes cruciformes ; quelques exemples particulièrement riches : dolmens du Coll de la Llosa, à Casefabre, de la Creu de la Llosa ou d'Al Fornas, à Saint-Michel de Llotes.

Simples figures artistiques, indicateurs géographiques, sortes d'ex-voto, représentations astronomiques..., la diversité des hypothèses émises montre bien notre méconnaissance du phénomène. A moins qu'il ne s'agisse de messages codés ? Mais, adressés à qui ?... Quoi qu'il en soit, tous ces "signes sans paroles", comme les nommait Jean Abelanet, ne sont jamais simplement décoratifs, même si leur interprétation reste hasardeuse...

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